LA CGT ACCUSEE DE HARCELEMENT MORAL

SKF à Montigny (78) : Quand notre Responsable des Ressources Humaines (RRH) qui est en même temps présidente du CHSCT dépose un danger grave et imminent contre la CGT et demande le licenciement d’un syndicaliste.

Le 23 novembre 2015, suite à une réunion des délégués du personnel un peu houleuse, notre RRH a déposé un danger grave et imminent (DGI) pour : « Attaques personnelles et atteinte à l’honneur et à la vie privée, harcèlement moral, stigmatisation » qui aurait entrainé 5 jours d’ITT. La Direction de SKF a entamé une procédure de licenciement contre le délégué du personnel qui a été refusée par l’inspection du travail. (la décision ici)

L’après-midi du 23 novembre 2015, les membres du CHSCT ont eu la surprise de constater que suite à la réunion des DP, que la RRH du site avait déposé un DGI pour des faits de «  Attaques personnelles », « atteinte à l’honneur et à la vie privée », « harcèlement moral », « stigmatisation ». Outre le nom et prénom du syndicaliste visé, le document mentionne également le syndicat CGT dans son ensemble. En fait, il était reproché au DP d’avoir dit : « Votre mari est à la CFE-CGC ».  Il lui était également reproché d’avoir écrit envoyé un mail à des collègues dans lequel il qualifiait la RRH de « cruella » et le DG de « magicien ».

Convoqué à un entretien préalable à licenciement, le document préparé par la direction indiquait :

« Monsieur W., a, dans le cadre de cet échange, affirmé que le mari de Mme S. faisait partie de la CFE-CGC expliquant que cette dernière connaissait personnellement Mr M., négociateur désigné par la Fédération de la CFE-CGC, ou tout du moins le syndicat CFE-CGC. Cette affirmation est une volonté de la part de Mr W. de déstabiliser Mme S. en avançant des éléments de la vie privée de cette dernière, même si en l’occurrence ces éléments sont faux. Ainsi, il a délibérément porté une attaque personnelle à l’égard de Mme S., qu’il ne visait plus en tant que représentant de la Direction, mais en tant que personne qui a droit au respect de sa vie privée. »

« Un tel comportement est d’autant plus inadmissible qu’il a été entendu dans tout le couloir attenant à la salle de réunion. »

 « Il a de plus heurté et blessé Mme S., qui a dû être arrêtée 5 jours par son médecin traitant. »

« La RRH et Présidente du CHSCT a inscrit un danger grave et imminent au registre des dangers graves et imminents. Il ne s’agit malheureusement pas de faits isolés. »

Le délégué du personnel a décidé de ne pas se présenté au RDV ; la direction de la société a saisi l’inspectrice du travail pour obtenir l’autorisation de le licencier.

Votre mari est à la CFE-CGC ! Une attaque personnelle ; 5 jours d’arrêts maladie

La loi décrit le danger grave comme une menace pour la vie, l’intégrité physique ou la santé, susceptible de produire un accident ou une maladie entraînant la mort ou une incapacité permanente ou temporaire. Est-ce le cas quand on dit à une personne qu’un membre de sa famille est syndiqué ? Assurément, non ! Mais la nouvelle direction de la société SKF a décidé de mener la vie dure aux syndicalistes et particulièrement ceux de la CGT ; tous les moyens sont bons, y compris d’être ridicule ; mais cela permet d’instiller la peur et la crainte.

Qui peut croire que ces propos ont occasionné 5 jours d’arrêts maladie ? Personne, sauf la Direction de SKF qui veut, par tous les moyens, se séparer des DP du syndicat CGT.

« La Direction conteste en justice le DGI qu’il a lui-même lancé »

Comme la RRH a lancé le Danger Grave et imminent, le CHSCT a décidé de lancer une expertise menée par un cabinet extérieur comme le prévoit la loi. La Direction a immédiatement saisi le TGI de Versailles pour contester l’expertise votée par le CHSCT. C’est assurément une première sur laquelle le Tribunal de Grande Instance va devoir se prononcée le 11 février prochain surtout quand on sait que c’est l’argument principal au dossier disciplinaire monté par la société pour demander le licenciement du syndicaliste.

« Ils veulent casser les syndicalistes »

Ça fait 3 ans que les salariés subissent les attaques de la nouvelle Direction de la société et la récente décision du conseil d’état qui a annulé le plan de licenciement 2014 n’a pas arrangé les choses ; les récents résultats des élections qui ont vu un renforcement de la CGT  ne passe pas non plus; la Direction là mauvaise. Plusieurs salariés ont été licenciés pour des fautes imaginaires ou poussé à la démission. On ne compte plus le nombre de salarié au « placard », nombre de commerciaux sont en souffrance. La direction parle aux salariés comme des chiens avec un langage grossier et tous ceux qui osent dénoncer cette situation sont dans le collimateur. Ils veulent casser les syndicalistes et pour les salariés c’est marche ou crève. On ne compte plus le nombre d’expertise CHSCT que nous avons voté, de lettre que nous avons adressé à l’inspection du travail mais rien ne bouge.

La manœuvre d’utiliser un D.G.I pour licencier notre collègue a donc échoué, nous nous préparons maintenant à combattre le recours gracieux ou contentieux que la Direction de SKF ne manquera pas de faire.